Les ténèbres l'avaient recouverte. Elle ferma les yeux un instant et inspira profondément, comme pour les avaler en elle. L'air devenait respirable, enfin. Il n'y avait rien de pire qu'un été dans l'Arizona, une vraie fournaise ! Dommage qu'elle n'eut pas le temps de profiter encore un peu de la fraîcheur. Elle avait rendez-vous au Heaven avec quelques uns de ses amis d'enfance et elle était déjà en retard. Elle n'avait pas pu décliner l'invitation, refuser une fête pour ses dix-sept ans, cela aurait été de mauvais goût ! Elle descendit la colline et marcha quelques kilomètres dans le désert avant de regagner le c½ur de la ville.
Ses amis, eux, étaient déjà sur place depuis une heure. La reine de la fête se faisait désirer.
- Mais où est-elle ?
- Patience Hayden ! Tu sais bien que la ponctualité n'a jamais été son fort.
- Certes, mais j'aurais espéré que le jour de son anniversaire elle aurait fait un effort !
- Que veux-tu, on ne change pas ses vieilles habitudes.
- C'est vrai...
Le jeune homme se mordillait les doigts tout en ne quittant la porte d'entrée des yeux.
- Hé reste zen mon vieux ! Regarde toi, une vraie pile électrique ! Tu devrais prendre un verre et te détendre.
- Ouais...
- Tu sais, si tu continues à être aussi peu discret elle finira par remarquer que tu es complètement fou d'elle.
- Non mais Thal, pas si fort !
- Oh allé arrête, tout le monde le sait ! C'est d'ailleurs un miracle que Saori elle-même ne s'en soit jamais rendu compte !
- Non mais... Tu dis n'importe quoi ! J'ai jamais... bon c'est vrai qu'il y a peut-être une fois où j'ai... mais personne n'a remarqué que... de toute façon... ... pfff...
- Ca c'est de l'argument mon ami !
La jeune fille aux cheveux blonds éclata de rire avant de servir une bière à son ami qui la sirota en grommelant. Soudain, la porte du club s'ouvrit, et enfin, Saori Akashi fit son entrée.
- Saori ! s'étrangla Hayden dans son verre de bière.
- On ne t'attendait plus ! reprit la blondinette.
- Salut Thal, Hayden. Navrée pour l'attente, j'avais... un truc à faire avant de venir.
- Oh ce n'est rien, tu es là c'est l'essentiel, dit Hayden d'une voit mielleuse qui fit sourire Thal.
- Ouais c'est cool, ne t'inquiète pas, reprit-elle. On a commencé à mettre de l'ambiance un peu, comme ça tu n'as plus qu'à te glisser dans la fête !
- Merci d'avoir organisé tout ça pour moi.
Bien qu'elle ait toujours eu horreur de ce genre de soirées bondées de monde, Saori fut touchée de l'attention de ses amis.
Avant d'être envoyée à l'ESACO, l'Ecole Supérieure des Argones de la Côte Ouest, la petite Saori avait passé une série de tests. Un expert, envoyé par le Concile des Argones, avait été chargé de faire une évaluation de ses capacités. Les anciens avaient toujours procédé ainsi pour chaque enfant présentant des signes d'activité supra normale, que cet enfant eut été ou non issu d'une famille d'anciens. Saori avait été diagnostiquée de niveau 6, un niveau exceptionnellement élevé, jamais atteint encore par une enfant de son âge. L'expert conseilla et guida donc les parents de la fillette dans leur choix d'une école d'Argones. Mais l'établissement le plus proche étant situé à plus de 1000 kilomètres de leur lieu de résidence, Monsieur et Madame Akashi refusèrent catégoriquement de laisser partir leur fillette alors âgée de 5 ans. Le Concile ne pouvant laisser filer un cas aussi exceptionnel d'argonide, il lui fallut trouver au plus vite un moyen qui contenterait les parents de la jeune prodige et qui lui permettrait en même temps de garder la main sur l'enfant. L'on proposa alors aux Akashi une formule de cours à domicile, intégralement prise en charge par le Concile des Argones. Après mûres réflexions, les parents acceptèrent.
Ainsi, jusqu'à l'âge de ses 11 ans, Saori reçu des cours privés chez elle. Le rythme de vie avait été bien paisible en ces temps là, même si les leçons qu'on lui enseignait alors étaient fort difficiles et parfois même douloureuses. Au moins était-elle chez elle, entourée de l'amour de sa famille. Pour qu'elle continue à voir du monde malgré tout, ses parents l'avaient inscrite à des activités que les autres enfants ordinaires pratiquaient dans son village. C'est au club sportif qu'elle avait rencontré Thalia et Hayden ainsi que d'autres de ses amis Ordinaires. Il fut un temps où elle supplia ses parents de l'envoyer dans la même école qu'eux, de la laisser avoir la même vie. Elle ne comprenait pas encore pourquoi elle devait être tenue à l'écart, en quoi était si différente des autres, si spéciale. Mais même si ses parents avaient imposé cette distance, et même après qu'elle eut quitté la ville pour les bancs de sa nouvelle école, elle avait toujours gardé contact avec ses petits compagnons. Et à chaque fois qu'elle revenait pour les vacances, elle s'arrangeait pour passer un maximum de temps avec eux...
Cependant, depuis quelques temps, Saori préférait passer son temps libre seule plutôt que de voir du monde. Lorsqu'elle était avec Thalia et les autres, les sujets de conversation lui semblaient parfois si loin d'elle, qu'elle ressentait toujours un énorme malaise. C'était « est-ce que tu as déjà eu des cours de philo ? C'est une horreur tu ne trouves pas ? », ou « tu te rends compte, le prof a carrément disséqué une grenouille vivante devant nous ! ». Elle ne pouvait tout de même pas leur répondre « ça fait quatre ans que je n'ai plus de cours de philosophie », ni « moi mon professeur de défense contre les créatures mythiques a immolé un vampire au milieux de la classe l'autre jour », de quoi aurait-elle eu l'air ? Quant à la question « comment c'est dans ton école ? », lorsqu'on la lui posait elle se contentait de répondre « oh tu sais, c'est comme dans toutes les écoles » tout en songeant à la dernière fois où elle avait modifié la structure moléculaire d'un verre d'eau pour en faire de l'acide.
Mais aujourd'hui c'était son anniversaire. Pour ce soir au moins, elle n'avait plus envie de penser à ce qu'elle était, elle n'avait plus envie de penser du tout.
- Un verre de bière ? lui proposa Thal.
Saori pris la cruche des mains de son amie et la bue toute entière d'une seule traite.
- Et ben dis donc ! Où mets-tu tout ça ?
- J'ai de la ressource, t'inquiète ! dit-elle en reposant le récipient sur la table. On va danser ?
Elle traîna ses deux compagnons sur la piste de danse et laissa la musique être seule maîtresse de son corps.
Elle se sentait déjà beaucoup plus légère. Sur une piste de danse au moins, Ordinaires et Argones étaient semblables. Elle avait salué tous les gens que l'on avait invités pour elle et de nombreuses personnes qui s'étaient eux-mêmes invités. Elle leur avait hurlé de ses nouvelles et avait tenté d'entendre des leurs, et maintenant elle avait la gorge sèche ! Elle marqua une pause le temps d'aller se chercher un nouveau verre, laissant ses amis continuer à profiter de la musique ambiante. Tandis qu'elle s'apprêtait à payer son verre au barman, quelqu'un la devança.
- Laisse, c'est pour moi.
- Non j'en doute.
- Une jeune fille ne devrait pas avoir à payer pour se désaltérer.
Saori n'avait pas pour habitude de se laisser approcher. D'ordinaire, elle se contentait d'envoyer un pic bien salé à l'importun et de tourner les talons. Mais ce soir - était-ce parce qu'elle avait bu ou parce qu'elle trouvait le jeune homme particulièrement charmant ? - elle resta sans voix et regarda l'intrus payer sa boisson sans pouvoir s'opposer.
- Manzana ? Mmm, excellent choix ! dit-il en lui tendant son verre.
- Merci. Au revoir.
Saori avait repris ses esprits. Elle tourna le dos au jeune homme et partit s'asseoir à sa table, pensant pouvoir déguster tranquillement sa délicieuse boisson.
- Je sais bien que je ne devrais pas insister, mais ce n'est pas souvent que je rencontre une si jolie jeune fille.
Non mais elle rêvait ? Il était encore là celui-là ?
- Que me veux-tu au juste ?
- Dis moi simplement ton nom et je serais comblé.
- Tu t'invites à ma fête d'anniversaire et tu ne sais même pas comment je m'appelle ?
- Ah...ton anniversaire... oui ce n'est pas très malin, je l'avoue. Je ne suis que de passage ici et...
- Oui je m'en serais douté.
- D'accord, j'ai compris. Navré de t'avoir importuné, au revoir.
Curieusement, en le voyant partir ainsi, Saori avait regretté d'avoir été aussi froide...
Elle fut rapidement rejointe par ses deux acolytes qui n'avaient rien manqué de la scène.
- Qu'est-ce qu'il voulait celui-là ? demanda Hayden
- Oh il m'a payé à boire et du coup il s'est imaginé que ça lui donnait l'autorisation de me draguer.
Tout en disant cela, elle n'avait quitté le jeune homme des yeux. Il avait rejoint une bande de jeunes qu'elle n'avait encore jamais vu.
- Mignon, dit Thalia.
- Ca va.
- Alors pourquoi tu l'as repoussé ?
- Je déteste être harcelée, Thal.
- Harcelée ? Pourtant je n'ai pas eu l'impression qu'il était si insistant que ça !
- Mais laisse-là ! repris Hayden. Elle a le droit de ne pas vouloir être embêtée le soir de son anniversaire quand même ! Et puis d'abord il sort d'où ce type, on ne le connaît même pas !
- Il est de passage en ville, répondit Saori.
- Alors il ne restera peut être pas ! Si ça se trouve tu vas rater l'occasion de ta vie Saori !
- Oui c'est ça ! rit la jeune fille
- Franchement, tu devrais te lâcher un peu ma belle, tu vas nous faire une overdose de chasteté.
- Crois moi, c'est un fier service que je rends à ce pauvre garçon. Je suis trop compliquée pour lui.
- Ah ça, tu es compliquée oui ! Et mystérieuse aussi, personne ne dira le contraire, railla la blondinette. Mais c'est ce qui fait tout ton charme !
Comme elle disait cela, Thalia serra fort son amie dans ses bras et l'embrassa sur la joue. La soirée se termina et Saori rentra chez elle au petit jour.
Ses amis, eux, étaient déjà sur place depuis une heure. La reine de la fête se faisait désirer.
- Mais où est-elle ?
- Patience Hayden ! Tu sais bien que la ponctualité n'a jamais été son fort.
- Certes, mais j'aurais espéré que le jour de son anniversaire elle aurait fait un effort !
- Que veux-tu, on ne change pas ses vieilles habitudes.
- C'est vrai...
Le jeune homme se mordillait les doigts tout en ne quittant la porte d'entrée des yeux.
- Hé reste zen mon vieux ! Regarde toi, une vraie pile électrique ! Tu devrais prendre un verre et te détendre.
- Ouais...
- Tu sais, si tu continues à être aussi peu discret elle finira par remarquer que tu es complètement fou d'elle.
- Non mais Thal, pas si fort !
- Oh allé arrête, tout le monde le sait ! C'est d'ailleurs un miracle que Saori elle-même ne s'en soit jamais rendu compte !
- Non mais... Tu dis n'importe quoi ! J'ai jamais... bon c'est vrai qu'il y a peut-être une fois où j'ai... mais personne n'a remarqué que... de toute façon... ... pfff...
- Ca c'est de l'argument mon ami !
La jeune fille aux cheveux blonds éclata de rire avant de servir une bière à son ami qui la sirota en grommelant. Soudain, la porte du club s'ouvrit, et enfin, Saori Akashi fit son entrée.
- Saori ! s'étrangla Hayden dans son verre de bière.
- On ne t'attendait plus ! reprit la blondinette.
- Salut Thal, Hayden. Navrée pour l'attente, j'avais... un truc à faire avant de venir.
- Oh ce n'est rien, tu es là c'est l'essentiel, dit Hayden d'une voit mielleuse qui fit sourire Thal.
- Ouais c'est cool, ne t'inquiète pas, reprit-elle. On a commencé à mettre de l'ambiance un peu, comme ça tu n'as plus qu'à te glisser dans la fête !
- Merci d'avoir organisé tout ça pour moi.
Bien qu'elle ait toujours eu horreur de ce genre de soirées bondées de monde, Saori fut touchée de l'attention de ses amis.
Avant d'être envoyée à l'ESACO, l'Ecole Supérieure des Argones de la Côte Ouest, la petite Saori avait passé une série de tests. Un expert, envoyé par le Concile des Argones, avait été chargé de faire une évaluation de ses capacités. Les anciens avaient toujours procédé ainsi pour chaque enfant présentant des signes d'activité supra normale, que cet enfant eut été ou non issu d'une famille d'anciens. Saori avait été diagnostiquée de niveau 6, un niveau exceptionnellement élevé, jamais atteint encore par une enfant de son âge. L'expert conseilla et guida donc les parents de la fillette dans leur choix d'une école d'Argones. Mais l'établissement le plus proche étant situé à plus de 1000 kilomètres de leur lieu de résidence, Monsieur et Madame Akashi refusèrent catégoriquement de laisser partir leur fillette alors âgée de 5 ans. Le Concile ne pouvant laisser filer un cas aussi exceptionnel d'argonide, il lui fallut trouver au plus vite un moyen qui contenterait les parents de la jeune prodige et qui lui permettrait en même temps de garder la main sur l'enfant. L'on proposa alors aux Akashi une formule de cours à domicile, intégralement prise en charge par le Concile des Argones. Après mûres réflexions, les parents acceptèrent.
Ainsi, jusqu'à l'âge de ses 11 ans, Saori reçu des cours privés chez elle. Le rythme de vie avait été bien paisible en ces temps là, même si les leçons qu'on lui enseignait alors étaient fort difficiles et parfois même douloureuses. Au moins était-elle chez elle, entourée de l'amour de sa famille. Pour qu'elle continue à voir du monde malgré tout, ses parents l'avaient inscrite à des activités que les autres enfants ordinaires pratiquaient dans son village. C'est au club sportif qu'elle avait rencontré Thalia et Hayden ainsi que d'autres de ses amis Ordinaires. Il fut un temps où elle supplia ses parents de l'envoyer dans la même école qu'eux, de la laisser avoir la même vie. Elle ne comprenait pas encore pourquoi elle devait être tenue à l'écart, en quoi était si différente des autres, si spéciale. Mais même si ses parents avaient imposé cette distance, et même après qu'elle eut quitté la ville pour les bancs de sa nouvelle école, elle avait toujours gardé contact avec ses petits compagnons. Et à chaque fois qu'elle revenait pour les vacances, elle s'arrangeait pour passer un maximum de temps avec eux...
Cependant, depuis quelques temps, Saori préférait passer son temps libre seule plutôt que de voir du monde. Lorsqu'elle était avec Thalia et les autres, les sujets de conversation lui semblaient parfois si loin d'elle, qu'elle ressentait toujours un énorme malaise. C'était « est-ce que tu as déjà eu des cours de philo ? C'est une horreur tu ne trouves pas ? », ou « tu te rends compte, le prof a carrément disséqué une grenouille vivante devant nous ! ». Elle ne pouvait tout de même pas leur répondre « ça fait quatre ans que je n'ai plus de cours de philosophie », ni « moi mon professeur de défense contre les créatures mythiques a immolé un vampire au milieux de la classe l'autre jour », de quoi aurait-elle eu l'air ? Quant à la question « comment c'est dans ton école ? », lorsqu'on la lui posait elle se contentait de répondre « oh tu sais, c'est comme dans toutes les écoles » tout en songeant à la dernière fois où elle avait modifié la structure moléculaire d'un verre d'eau pour en faire de l'acide.
Mais aujourd'hui c'était son anniversaire. Pour ce soir au moins, elle n'avait plus envie de penser à ce qu'elle était, elle n'avait plus envie de penser du tout.
- Un verre de bière ? lui proposa Thal.
Saori pris la cruche des mains de son amie et la bue toute entière d'une seule traite.
- Et ben dis donc ! Où mets-tu tout ça ?
- J'ai de la ressource, t'inquiète ! dit-elle en reposant le récipient sur la table. On va danser ?
Elle traîna ses deux compagnons sur la piste de danse et laissa la musique être seule maîtresse de son corps.
Elle se sentait déjà beaucoup plus légère. Sur une piste de danse au moins, Ordinaires et Argones étaient semblables. Elle avait salué tous les gens que l'on avait invités pour elle et de nombreuses personnes qui s'étaient eux-mêmes invités. Elle leur avait hurlé de ses nouvelles et avait tenté d'entendre des leurs, et maintenant elle avait la gorge sèche ! Elle marqua une pause le temps d'aller se chercher un nouveau verre, laissant ses amis continuer à profiter de la musique ambiante. Tandis qu'elle s'apprêtait à payer son verre au barman, quelqu'un la devança.
- Laisse, c'est pour moi.
- Non j'en doute.
- Une jeune fille ne devrait pas avoir à payer pour se désaltérer.
Saori n'avait pas pour habitude de se laisser approcher. D'ordinaire, elle se contentait d'envoyer un pic bien salé à l'importun et de tourner les talons. Mais ce soir - était-ce parce qu'elle avait bu ou parce qu'elle trouvait le jeune homme particulièrement charmant ? - elle resta sans voix et regarda l'intrus payer sa boisson sans pouvoir s'opposer.
- Manzana ? Mmm, excellent choix ! dit-il en lui tendant son verre.
- Merci. Au revoir.
Saori avait repris ses esprits. Elle tourna le dos au jeune homme et partit s'asseoir à sa table, pensant pouvoir déguster tranquillement sa délicieuse boisson.
- Je sais bien que je ne devrais pas insister, mais ce n'est pas souvent que je rencontre une si jolie jeune fille.
Non mais elle rêvait ? Il était encore là celui-là ?
- Que me veux-tu au juste ?
- Dis moi simplement ton nom et je serais comblé.
- Tu t'invites à ma fête d'anniversaire et tu ne sais même pas comment je m'appelle ?
- Ah...ton anniversaire... oui ce n'est pas très malin, je l'avoue. Je ne suis que de passage ici et...
- Oui je m'en serais douté.
- D'accord, j'ai compris. Navré de t'avoir importuné, au revoir.
Curieusement, en le voyant partir ainsi, Saori avait regretté d'avoir été aussi froide...
Elle fut rapidement rejointe par ses deux acolytes qui n'avaient rien manqué de la scène.
- Qu'est-ce qu'il voulait celui-là ? demanda Hayden
- Oh il m'a payé à boire et du coup il s'est imaginé que ça lui donnait l'autorisation de me draguer.
Tout en disant cela, elle n'avait quitté le jeune homme des yeux. Il avait rejoint une bande de jeunes qu'elle n'avait encore jamais vu.
- Mignon, dit Thalia.
- Ca va.
- Alors pourquoi tu l'as repoussé ?
- Je déteste être harcelée, Thal.
- Harcelée ? Pourtant je n'ai pas eu l'impression qu'il était si insistant que ça !
- Mais laisse-là ! repris Hayden. Elle a le droit de ne pas vouloir être embêtée le soir de son anniversaire quand même ! Et puis d'abord il sort d'où ce type, on ne le connaît même pas !
- Il est de passage en ville, répondit Saori.
- Alors il ne restera peut être pas ! Si ça se trouve tu vas rater l'occasion de ta vie Saori !
- Oui c'est ça ! rit la jeune fille
- Franchement, tu devrais te lâcher un peu ma belle, tu vas nous faire une overdose de chasteté.
- Crois moi, c'est un fier service que je rends à ce pauvre garçon. Je suis trop compliquée pour lui.
- Ah ça, tu es compliquée oui ! Et mystérieuse aussi, personne ne dira le contraire, railla la blondinette. Mais c'est ce qui fait tout ton charme !
Comme elle disait cela, Thalia serra fort son amie dans ses bras et l'embrassa sur la joue. La soirée se termina et Saori rentra chez elle au petit jour.
